Les services de transport avec chauffeur rendent-ils vraiment la mobilité plus durable?

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Can transportation network companies improve the sustainability of urban transportation ?

Commander une voiture en quelques clics est devenu une habitude pour de nombreux citadins. Les entreprises de réseau de transport (TNCs) ont ainsi profondément transformé les pratiques de mobilité dans les grandes villes.

Mais leur développement soulève une question importante : si ces services facilitent les déplacements, contribuent-ils réellement à rendre la mobilité urbaine plus durable?

C’est à cette question que Shouheng Sun, Yiran Wang et Myriam Ertz s’intéressent dans leur étude consacrée aux effets des TNCs sur les comportements de déplacement et les émissions de gaz à effet de serre (GES) à Beijing.

Alors, que se passe-t-il réellement lorsque les TNCs se développent?
  • Plus de services ne signifie pas nécessairement moins d’émissions

Dans les zones où la possession automobile est faible, mais où la demande de déplacements en voiture demeure élevée, les TNCs peuvent paradoxalement entraîner une augmentation des émissions de GES.

Dans ce contexte, les politiques publiques peuvent jouer un rôle déterminant.

Une augmentation des tarifs et une limitation de l’offre de véhicules peuvent réduire ces effets négatifs en encourageant les usagers à se tourner vers des modes de transport plus écologiques et en limitant le recours aux TNCs.

  • La réglementation peut changer la donne

L’étude révèle également une évolution intéressante lorsque le marché atteint une phase de développement mature.

Sous l’effet de politiques strictement réglementées, les TNCs peuvent alors être associés à une réduction significative des émissions de GES.

Autrement dit, l’impact environnemental de ces services n’est pas figé : il dépend aussi du cadre réglementaire dans lequel ils évoluent.

  • Tous les usagers ne réagissent pas de la même manière

Les effets des TNCs varient également selon les caractéristiques des utilisateurs.

L’étude met en évidence une hétérogénéité importante entre les usagers, notamment en fonction de leurs caractéristiques démographiques.

Cette diversité rappelle qu’une politique de mobilité efficace ne peut pas nécessairement reposer sur une approche uniforme.

  • Les véhicules électriques sont-ils la solution?

L’électrification des TNCs représente une autre piste prometteuse.

L’adoption de véhicules électriques à batterie peut améliorer la durabilité environnementale de ces services. Toutefois, selon les résultats de l’étude, cette réduction des émissions demeure principalement transitoire.

L’électrification seule ne suffit donc pas à garantir une réduction durable des émissions à long terme.

Alors, faut-il encourager ou limiter les TNCs?

La réponse est plus nuancée qu’il n’y paraît.

Les TNCs peuvent contribuer à une mobilité plus durable dans certaines conditions, mais ils peuvent aussi augmenter les émissions lorsqu’ils se substituent à des modes de transport plus écologiques ou stimulent davantage les déplacements motorisés.

Leur impact dépend donc de plusieurs facteurs : les comportements des usagers, le contexte urbain, la réglementation, les tarifs et le type de véhicules utilisés.

Le message à retenir

Les TNCs ne sont ni intrinsèquement durables ni intrinsèquement polluants.

Leur contribution à la transition vers une mobilité plus durable dépend surtout de la manière dont leur développement est encadré et intégré dans l’écosystème global des transports urbains.

Cette recherche met ainsi en évidence l’importance de politiques publiques capables d’orienter les nouveaux services de mobilité vers une véritable réduction des émissions de GES, plutôt que de considérer leur simple développement comme une solution environnementale en soi.

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