Le numérique rend-il les chaînes de valeur mondiales plus durables?

Tiny people with laptops doing global business research

Digital Technologies, Resource Efficiency, and the Regionalisation of Global Value Chains: A Systematic Literature Review and Theoretical Extensions

IoT, intelligence artificielle, blockchain, jumeaux numériques… Les technologies numériques transforment progressivement la manière dont les entreprises produisent, échangent et gèrent leurs ressources.

Mais une question demeure : dans quelle mesure ces technologies permettent-elles réellement d’améliorer l’efficacité des ressources dans les chaînes de valeur mondiales?

Une nouvelle étude de ; Hadi Zarea; Sina Mirzaye Shirkoohi; Myriam Ertz; Dihya Hessas, propose une synthèse des connaissances scientifiques sur cette question. En s’appuyant sur une revue systématique de 150 articles, les auteurs montrent que les gains d’efficacité sont particulièrement importants lorsque différentes technologies sont combinées au sein d’une même infrastructure numérique. La détection par l’IoT, l’analytique par l’IA, la traçabilité offerte par la blockchain et la simulation permise par les jumeaux numériques peuvent ainsi agir de manière complémentaire pour améliorer la visibilité, la vérification et l’optimisation des ressources.

Mais le numérique ne constitue pas, à lui seul, une garantie d’efficacité ou de durabilité.

Les résultats dépendent notamment de la capacité des entreprises à collaborer, de la gouvernance des données, de l’environnement réglementaire et de leur maturité en matière de cybersécurité.

L’étude met également en lumière un phénomène pour le moins paradoxal : la régionalisation numérique. Des exigences strictes en matière de protection et de conformité des données pourraient contribuer à rapprocher les activités économiques au sein de mêmes blocs réglementaires, plutôt qu’à favoriser une mondialisation toujours plus étendue des chaînes de valeur.

À partir de ces constats, les auteurs proposent trois pistes théoriques pour mieux comprendre les chaînes de valeur numériques contemporaines :

  • le regroupement des capacités écosystémiques,
  • les débordements de durabilité numérique et
  • l’éco-innovation distribuée.

Une réflexion qui invite finalement à dépasser la question « quelles technologies adopter? » pour se demander : comment les entreprises, les écosystèmes et les institutions doivent-ils collaborer pour que le numérique contribue réellement à une utilisation plus efficace et plus durable des ressources?

Consulter l’article :

Digital Technologies, Resource Efficiency, and the Regionalisation of Global Value Chains: A Systematic Literature Review and Theoretical Extensions